DISQUES

160914 snoopies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Snoopies à bord

 

    Yonatan Hes (saxophone alto, soprano, arrangements), Laureen Osseland (saxophone ténor), Simon Hannouz (saxophone alto), Fabien Dubois (saxophone baryton) et Loup Godfroy (batterie) : voila une formation jazz de Saône-et-Loire qui commence à faire parler d'elle.
    Fruit principalement d'un regroupement d'étudiants pour la plupart en 3ème cycle dans les conservatoires de Mâcon, Chalon-sur-Saône et Villeurbanne, ce groupe dénommé Les Snoopies et dédié à la musique de saxophone présente la particularité de faire preuve d'une précocité peu commune. Il peut notamment se féliciter de la présence-clé de Yonatan Hes, 16 ans, leader naturel, dont la qualité de jeu et les capacités de réaménagement de grilles sont saluées de tous.
   
Simon Hannouz des Snoopies nous donne quelques précisions sur les débuts de ce collectif : "Nous nous sommes rencontrés par différents canaux à l'été 2016. Un projet de quartet jazz avec piano et contrebasse était dans l'air. Il s'est trouvé in fine que seuls les saxophonistes que nous étions étaient disponibles. Une motivation forte était présente. Durant deux mois, nous nous sommes retrouvés simplement pour jouer ensemble et déchiffrer les arrangements de Yonatan. Nous avons très vite décidé de créer The Snoopies. En septembre 2016, un apéro-concert prévu pour l'ouverture de la saison au club de jazz Le Crescent à Mâcon nous a obligé à mettre le pied à l'étrier et à monter rapidement un répertoire d'une heure..."
   
Le niveau musical de la formation n'a ensuite cessé de s'enrichir. Aujourd'hui, les Snoopies sont demandés en concerts. Grâce au soutien du Crescent, ils ont pu également enregistrer leur premier album. Ce CD cible des reprises qui nous font découvrir une cohésion instrumentale et des arrangements qui ont de la prestance et du coffre. Dans cet album, on se laisse en premier lieu porter par les harmonies de Thoroughbred (Gil Evans), puis vient Aparani Par (hommage à Tigran Hamasyan) : ici, dans le prolongement d'un thème du folklore arménien, un chorus "modern jazzy" se greffe idéalement sur l'étendue du morceau.
    Souplesse mélodique et maturité étonnante concernant l'adaptation et l'exécution du fameux Naïma (Coltrane). Les très acoustiques Snoopies parviennent à créer une sorte de déchainement "électrique" dans leur Frankenstein (Edgar Winter Group) qui semble répondre à un appel jazz-rock plutôt broyeur strié quelquefois de riffs rythme-and-blues. Intro très musique contemporaine, très "déconstruction", pour Let's more to Cleveland (Zappa) qui associe lyrisme et lutineries. Un beau son enfin se remarque dans Cité Soleil (Aldo Romano), douce et fluide mini symphonie saxophonique.

 

                                                                                      D. R.

 

[ 2017 ]