Jazz in Marciac

Hiromi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HIROMI

ET EDMAR CASTANEDA

Justes noces pour piano-harpe

 

    Si les mariages insolites d'instruments suscitent parfois la perplexité en jazz, l'alliance en justes noces du piano d'Hiromi et de la harpe d'Edmar Castaneda a triomphé de toutes les réserves devant les six mille spectateurs réunis le 6 août dernier sous le grand chapiteau du 40ème festival Jazz in Marciac. Ces deux musiciens ont en effet pu démontrer haut la main la pertinence de cette association instrumentale peu habituelle.
    On connait bien la pianiste d'origine japonaise Hiromi. En 2010 notamment, sur cette même scène gersoise, elle avait littéralement époustouflé le public avec un show en piano seul. Inoubliable !
    Hiromi, c'est la passion faite musique avec tout ce que cette passion peut comporter d'éclectisme, c'est un franc-parler musical exceptionnel, c'est un jazz puissant, entier, à haut régime.
    Le concert de cette année demeure marqué par cette empreinte personnelle. Hiromi est à son clavier, tantôt droite comme un i, tantôt penchée à l'extrême sur les touches, tantôt assise, debout, le corps en équilibre sur son banc. L'instrument vibre. Ici, on reconnait un trait de blues; là, une cadence classique; là encore, un branle-bas d'avant-garde quand ce ne sont pas un vieux style à la Fats Waller ou quelques notes romantiques échappées d'un rêve... tandis que le swing n'est jamais très loin.
    Les interprétations du harpiste colombien Edmar Castaneda, quant à elles, montrent également un degré élevé de virtuosité : efficacité de la rythmique basse, vif-argent dans les improvisations, phrasés brillants, contrastés, à fort caractère, belles sonorités de cordes propres à s'acoquiner avec celles du piano.
   
Au court du concert, Hiromi et Edmar Castaneda s'échangent à souhait les rôles de soliste et d'accompagnateur avec un feeling qui réagit au quart de tour : vertigineuse énergie, compositions qui font leurs preuves, chorus qui n'ont pas froid aux yeux, une harmonie d'ensemble qui vous met dans un état second.         
    Vraiment une riche idée pour Jazz in Marciac 2017 d'avoir proposé au public ces instants d'union sacrée piano-harpe pour le meilleur du jazz et de l'art universel.

 

                                                                                           Didier Robrieux

 

Photo : Juan Patino

 

 

[ 2017 ]