Monstrueux !

James carter 2 2013 photo norman timonera

 

 

 

 

 

 

 

 

Le saxophoniste James Carter
en tournée en France

 

    Les musiciens et les amateurs de jazz font usage de termes bien à eux pour exprimer l'enthousiasme que leur a procuré un spectacle musical. Ils disent volontiers, par exemple, d'un interprète qu'il a été "redoutable" ou d'un concert qu'il a été "monstrueux". On peut sans détour appliquer ces deux vocables admiratifs à la prestation donnée ce 29 janvier par le saxophoniste américain James Carter lors du dernier Festival Jazz de Sens.
    James Carter commence très fort. Pour rester dans le jargon musicien, il "envoie" dès les premières notes. Soprano, alto, ténor : pas moins de trois types de saxophones utilisés tour à tour par ce virtuose. Mille successions de timbres, de sonorités, d'effets, de surprises. On trouve tout chez l'ardent James Carter ! Des styles façon Coltrane, Coleman Hawkins, smooth, Spike Jones, des couleurs sentimentales, grand chic, potache, mauvais genre, des claquements de langue, de l'expérimental, du show à gogo, de vrais sourires, un bonheur visible d'être avec le public et de jouer sur scène. Tout cela se combinant avec une justesse implacable et une énergie de tous les diables.

    La thématique de la soirée était "Django unchained". Pour tout dire, on reconnaissait à peine les compositions de Reinhardt (tout juste Nuages, Anouman effleuré). Mais peu importe ! De bout en bout, la musique de Carter se montrera explosive et exaltante avec en guise de bis un Body and Soul "sublimissime" (autre hyperbole chère aux amateurs de musique; ne nous en privons pas...).

                                                                                         Didier Robrieux

 

[ 2016 ]
DR/© D. Robrieux