Une oeuvre littéraire majeure

 

Le Maitre et Marguerite

de Mikhaïl Boulgakov

 

 

    La magie de la littérature consiste parfois à nous offrir un livre qui d'un point de vue conceptuel ne ressemble à aucun autre. C'est le cas du roman Le Maitre et Marguerite de l'écrivain russe Mikhaïl Boulgakov (1891-1940).
    Que de pages mémorables dans ce récit fécond en évènements inouïs, dans ce texte satirique puissant, dans cette œuvre littéraire majeure !

 

    La chaleur règne en cette fin de belle journée à Moscou. Nous sommes au temps de la période stalinienne, dans un square public. Après avoir bu pour tenter d’étancher leur soif un verre d’une tiédasse eau d’abricot, Mikhaïl Alexandrovitch, dit Berlioz, éminent rédacteur en chef d'une très officielle revue littéraire et Ivan Nikolaïevitch Bezdomny, poète de vingt-trois ans, décident de s’asseoir sur un banc à l’ombre des tilleuls.
    A peine sont-ils installés que Berlioz est subitement la victime médusée d’un mirage dont on comprend très vite qu’il n’en est pas un. L’apparition est brève, effrayante. C'est celle d’un quidam pour le moins excentrique que l'on soupçonne immédiatement être une belle fripouille. Son air "de se ficher du monde" ainsi que son allure arlequinesque et débraillée ne disent rien qui vaille. C'est, dans le récit, l'irruption furtive, insinuante, quasi subliminale du premier diable : Koroviev.
    L’incident passé, les deux protagonistes reprennent leur conversation portant sur la question de savoir si le Christ a existé ou non. Ce faisant, un nouvel individu tout autant énigmatique se présente à eux. C'est l'entrée en scène du second diable, en l'occurrence le Maitre des enfers, Satan lui-même, qui sous le couvert du plus grand anonymat se fait appeler professor Woland.
    Le soi-disant professeur engage la conversation avec Berlioz et Ivan restés dans l’ignorance de sa véritable qualité. Avec ce sombre inconnu, on ne laisse pas d’être étonné ! Woland révèle en effet qu’il a déjà pris son petit déjeuner avec Kant..., se dit "spécialiste en magie noire", prédit sans ambages que Berlioz mourra "la tête coupée" et affirme, pour couronner le tout, que le Christ a bien existé contrairement à ce que prétendent tous les mécréants de la terre. Pour preuve, ne se trouvait-il pas — en personne — auprès de Ponce Pilate lorsque Jésus a été condamné et sacrifié !... Et Woland de conter par le menu comment se déroulèrent les événements du Golgotha1.
    Berlioz et Ivan se demandent s’ils n’ont pas rêvé. La discussion se poursuit. Peu enclin à valider la réalité de l’existence du Christ, Ivan ne croit pas davantage en celle du Diable : "Le Diable, ça n’existe pas !", proclame-t-il "à pleine voix". Il est dit qu’"à ces mots, [Woland] partit d’un éclat de rire si bruyant qu’un moineau s'envola du tilleul sous lequel les trois causeurs étaient assis". Gifle cinglante administrée à la pensée rationnelle et à l'incrédulité ! La phrase de Baudelaire nous revient immanquablement en mémoire : "La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas"2.
    Calamités et aventures se succèdent. Selon la prédiction de Woland, Berlioz est décapité par un tramway. Ivan prend alors l’initiative de retrouver la trace du mage diabolique qu’il soupçonne être à l’origine de l’assassinat maquillé en "accident". Un autre personnage entre bientôt en lice : Béhémot, un gros chat noir hardi et effronté doué de la faculté déconcertante de se déplacer "debout sur ses pattes de derrière"3.
    S'en suit le vagabondage d’Ivan toujours sous-tendu par sa recherche de Woland dans les rues de Moscou. Une bien triste odyssée à vrai dire ! Ivan se baigne dans la Moscova, on lui vole ses vêtements, c'est un cauchemar. Contraint de traverser la ville, il ne porte plus qu'un caleçon. Les passants se moquent de lui (on songe ici fortement à l'univers de Kafka4). Il parvient toutefois à rejoindre la maison des écrivains du Griboïedov, sorte de club pour hommes et femmes de lettres où l’on vous sert des plats fameux mais aussi, c'est à signaler, du bon jazz. Toujours vêtu de son seul caleçon, Ivan informe ses confrères et amis qu'il est en train de donner la chasse à un certain Woland (il faut mettre la main sur ce dangereux professor !). Personne ne le croit; ses propos suscitent le scandale. Considéré comme fou, il se voit rapidement interné dans une clinique psychiatrique. Nous voila projeté dans une dimension où personne ne prête foi à vos paroles (proximité avec le registre kafkaïen toujours). Dire la vérité, ne pas être écouté, parler à des murs, être désigné comme affabulateur est une expérience vécue par de nombreux citoyens dans le monde réel. Il n’y a pas que Cassandre ou David Vincent, le héros de la série télévisée Les Envahisseurs5, qui ont eu à subir de la part de leurs semblables les affres d’une injuste et autoritaire fin de non-recevoir aux conséquences parfois funestes. Ivan s'évertue à cor et à cri à faire savoir qu’un personnage malveillant circule librement dans les rues de Moscou et se rend coupable d’exactions criminelles; la collectivité reste sourde à ses mises en garde.
    Durant ce temps, Woland, Koroviev et Béhémot — avec le renfort de deux autres méchants drôles, les diables Azazello et Hella — se répandent en ville et en font voir de toutes les couleurs à la société moscovite.
    Au sein de la clinique psychiatrique ("la maison de douleurs"), Ivan rencontre le héros du livre, celui que le narrateur nomme le "Maitre". Ce dernier s’engage dans le récit de la fabuleuse et impérissable histoire d'amour, quasi surnaturelle, qui le lie à Marguerite. La description de cet amour est extraordinaire de beauté et de pureté. La Maitre relate d’autre part qu’il est l’auteur d'un manuscrit, un chef d'œuvre pour tout dire, sur Ponce Pilate (celui-là même dont Woland a déclamé un extrait dans le square où se trouvaient Berlioz et Ivan). Ce manuscrit a été refusé par les éditeurs. Pauvre, exclu du monde littéraire, accablé par le sort infligé à son œuvre, le Maitre relate à son voisin de chambre qu’il a fini par sombrer dans une dépression profonde. Nous entendons ici les confidences d'un homme brisé, d'un écrivain anéanti6.
    De surcroit, il s'avère que le Maitre s’est rendu de lui-même à la clinique psychiatrique sans en avertir Marguerite, une Marguerite qui, de son côté, se désespère de ne pas savoir ce qu'il est advenu de lui. Pour retrouver l'homme qu'elle aime, elle consent à rejoindre le Diable et à devenir sorcière. Après quelques nécessaires préparatifs, elle enfourche un balai, puis s'envole.
   
A partir de cet instant, le bonheur de Marguerite est sans mélange, elle renait à la vie, elle exulte. La chevauchée aérienne de cette femme faite sorcière est unique ! Cette scène du livre est éblouissante. La transmutation de Marguerite aliénée de son plein gré au Diable représente pour elle quelque chose d’infiniment libérateur. Elle jette son bonnet par-dessus les moulins. Entièrement nue, assise à califourchon sur son balai, elle vole, surplombe la terre avec vitesse et légèreté. C'est l’image même d'un soulagement immense, d'une respiration vitale nouvelle.

    On sait que le Diable fait les choses de façon royale lorsqu'il s'agit d'accueillir de nouvelles recrues. Parvenue dans son antre, Marguerite réalise avec étonnement qu'elle est l’invitée d’un grand bal aux chandelles donné en son honneur. La séquence du bal des vampires dans le film du même nom signé Polanski (1967) fait étrangement écho à cette soirée dansante cérémonielle et haute en couleurs présidée par le Satan du Maitre et Marguerite. Cette charmante réception nocturne réunie principalement une mauvaise troupe de gibiers de potence morts-vivants parés de leurs plus beaux fracs et accompagnés de leurs épouses vêtues dans le plus simple appareil, la crème des damnés revenue à la vie pour quelques heures au son des violons de la fête.
    Marguerite s'étant acquittée de ses dévotions au Diable, le Maitre lui est rendu. "Comme je suis heureuse, comme je suis heureuse d'avoir conclu un pacte avec lui", s'exclame-t-elle. Plus que jamais désireux de tirer un trait sur leur vie de détresse passée, le Maitre et Marguerite choisissent irrévocablement de rester attachés à Messire. En la compagnie du Diable et de celle de ses serviteurs, le couple d'amoureux s'envole pour toujours sur de fougueux chevaux noirs.
    Nous voyons, à la fin du roman, l'esprit du Mal en majesté, l'image de la puissance démoniaque dans toute sa superbe. Durant la dernière chevauchée, les masques tombent. Les assistants du Diable qui ont sillonné avec tant de zèle la majorité des pages du livre se métamorphosent. Ils recouvrent peu à peu leurs incarnations "réelles". Koroviev apparait sous les traits d’un paladin au teint violacé raide et taciturne, Béhémot sous ceux d’un gentilhomme jouvenceau fin et élancé, Azazello sous ceux d’un seigneur à la face marmoréenne et blafarde. Satan offre au Maitre et à Marguerite une consolation dans la mort. Il leur offre une vie paisible, "une maison pour l'éternité". Après tant de souffrances endurées sur terre, ce pacte avec Satan fait pour nos deux héros office de planche de salut.
    Au cœur des ténèbres, les cavaliers s'arrêtent. Ils aperçoivent au loin Ponce Pilate, seul, insomniaque, occuper à se frotter les mains "avec des gestes brefs". Boulgakov nous livre cette dernière vision marquante, celle d’un Pilate devenu "immortel" portant à jamais le fardeau de sa culpabilité après la condamnation du Christ. Le destin du procurateur romain damné inspire à Satan cette phrase : "La lâcheté est le plus grave de tous les vices".
 

    Entre les épisodes tragiques du Maitre et Marguerite serpente un humour alerte, espiègle, inventif. Humour pouvant aller d'une badinerie teintée d'ironie à une causticité mordante quelquefois ponctuée d'accents de Grand-Guignol. Humour mêlé de sortilèges, de malices, de féeries qui n'ont rien envier à ceux concoctés par Perrault, Hoffmann, Lewis Caroll ou Tex Avery7. Humour, certes souvent désenchanté, certes souvent revendicatif, mais derrière lequel on ne décèle jamais une once de perversité venimeuse8. Humour participant pour une bonne part de la grande et digne élégance de ce chef-d'œuvre avec tout ce qu'elle renferme de courage, de générosité, de charité, d'absolution, de sagesse.
    Car en effet, comment qualifier sans utiliser les mots de grande et digne élégance la composition d'un tel livre qui réussit ce tour de force sur plus de six cents pages de traiter d'épreuves humaines parmi les plus effroyables sur un mode aux trois-quarts burlesque ? L'œuvre de Boulgakov est conçue comme une alternance de drame et de comédie. Histoire sentimentale, histoire politique et histoire sainte s'entrecroisent sur fond de barnum loufoque. Aux cotés de cette verve pétillante et divertissante, les thèmes les plus graves, les plus lourds humainement, les plus implacables de dureté et de souffrances — et spécialement celui de la persécution politique et sociale — forment la pierre angulaire du roman9. Masquée, en filigranes, allégoriquement, ou avec un réalisme direct, la dénonciation des horreurs du stalinisme y est saillante et résolue. Impossible de s'y tromper, impossible de se voiler la face.

    De nombreux décryptages et interprétations du Maitre et Marguerite sont possibles ou ont été menés. L'accès à ce classique russe peut paraitre, dans une première approche, malcommode. On peut être amené parfois à se confronter à un découpage narratif peu habituel, à des rouages de situations demandant ici ou là réflexion, à des références plus ou moins difficiles à saisir pour un lecteur non-russe, à un contexte historique mal connu, à une sensibilité spécifique, à une vision du monde atypique, etc. Mais toute timidité et prévention franchies, le texte s'offre à l'amateur de fiction romanesque de façon naturelle, le régalant d'une narration littéraire virtuose et captivante prodigue d'un valeureux et poignant témoignage dénonciateur du totalitarisme.

                                                                                                                                                                                                Didier Robrieux

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  1. Événements dits aussi de la Passion du Christ. Selon les Évangiles, l'arrestation de Jésus de Nazareth se produisit dans le jardin des Oliviers situé non loin de Jérusalem et sa crucifixion eu lieu sur le Mont Golgotha, proche également de cette ville.

  2. Charles Baudelaire (1821-1867), Le Spleen de Paris - Petits Poèmes en prose - Le Joueur généreux, Ed. Poésie Gallimard, 2006, p. 176.
    Marguerite dont nous ferons connaissance plus tard dans le récit et qui aura amplement l’occasion de côtoyer le Diable confirmera avec force l’assertion de Baudelaire : «Il est tout puissant ! Il est tout puissant!".

  3. Voir l'encadré en fin de cet article intitulé Les Diables du livre.

  4. Frantz Kafka (1883-1924). Voir les romans Le Procès, Le Château, La Métamorphose.

  5. Célèbre série américaine diffusée à partir de 1969 en France.

  6. "L'automne est arrivé avec ses jours sinistres (...) L'échec monstrueux de ce roman m'avait comme arraché une partie de mon âme".

  7. On peut avoir un avant-goût de cet humour avec, par exemple, cette scène durant laquelle la sorcière (Natacha) vole dans les nuées sur le dos d'un verrat coiffé d'un chapeau qui n'arrête pas "de lui tomber sur les yeux". Cet autre passage du livre tire également le sourire : alors que les diables viennent pour le plus grand ravissement du public de faire apparaitre sur la scène d'un théâtre moscovite un magasin de vêtements pour dames..., le chat Béhémot se fait illico vendeur émérite et "pour faire plus sérieux" se passe un centimètre autour du cou. On pense également aux cartoons de Tex Avery ou encore au film The Mask (1994) de Chuck Russel lorsqu'il est question du numéro de magie présenté par Woland et ses acolytes dans le même théâtre. Qu'on en juge : "Le chat attrapa le ruban [constitué de cartes à jouer] au vol et le renvoya (...) Fagot ouvrit une grande bouche (...) et avala toutes les cartes les unes après les autres".

  8. Certains commentateurs du Maitre et Marguerite considèrent cependant (et parfois démontrent) que Boulgakov, dans son ouvrage, règle principalement ses comptes avec ses persécuteurs sous Staline. Dans sa préface des Editions Folio Gallimard, Françoise Flamant, par exemple, indique notamment : "[Boulgakov] livre ainsi dans ce roman un autre aspect de son caractère : non seulement une force de résistance intacte, mais une violence (qu'il réprimait, avec plus ou moins de succès, au quotidien) et une soif de vengeance voisine de la haine à l'encontre de ceux qui s'évertuaient à le détruire comme prosateur et dramaturge et lui rendaient la vie littéralement impossible", op. cit. p. 19.

  9. Thèmes de la censure, de la corruption, de la propagande, du fonctionnement des services officiels, de la répression, des programmes de rééducation, etc.

 

■  Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite, Ed. Folio Gallimard

 

 

-----------  Encadré -------------------

 

 

Les diables du livre

 

 

    Hormis l'éclairage porté sur les personnages centraux que sont le Maitre et Marguerite, les figures les plus saisissantes du livre de Boulgakov sont sans doute celles de ces diables qui œuvrent à si grand train tout au long du récit. L’imagination, le vécu, le talent de Boulgakov ont su leur donner des représentations inoubliables.
    Mauvais comme des teignes, sournois, capricieux, tourmenteurs, violents, tortionnaires, criminels, ces génies du mal apparaissent, disparaissent, puis réapparaissent constamment pour accomplir méfaits sur méfaits. Ils enchainent faussetés et gredineries, sèment la terreur et la désolation, malmènent les populations, squattent les appartements, mettent le feu aux immeubles, détruisent les vies et les âmes. Ils sont aussi de cette trempe à vous faire vous demander si vous ne perdez pas la tête, si vous n’êtes pas victimes d’hallucinations. En permanence, ils vous égarent dans un espace-temps chamboulé et indéchiffrable. Ils ont, comme de juste, le vice dans peau.          
    Portraits rapides de ces diables saccageurs mi-polichinelles déjantés, mi-piranhas aux dents coupantes. 

 

    Avec son Woland (alias Satan), Boulgakov nous donne une description du Diable assez classique mais aussi très imaginative et très spirituelle. Le faciès de celui que l'on appelle aussi "Messire" ou le "Mage noir" ne nous surprend qu'à peine : "visage dissymétrique, le coin droit de la bouche tiré vers le bas", un sourcil "plus haut que l’autre", un œil vert "complètement fou" et le deuxième "vide, noir et mort". Woland est insaisissable. Usant d'une garde-robe tantôt négligée, tantôt du plus haut chic, il va, il vient, il est toujours en voyage. Là où il siège flotte parfois une "forte odeur de citron" quand ce ne sont pas des effluves de "soufre et de poix". Boulgakov ne manque pas d'humour lorsqu'il évoque ce personnage morne, intraitable et terrifiant. Nous apprenons ainsi, par exemple, qu'il est propriétaire d'une villa à Nice, qu'il "n'aime pas la lumière électrique" et qu'il souffre de rhumatismes...
    Koroviev possède une dégaine invraisemblable : grand, filiforme, "casquette de jockey miniature" perchée sur le crâne, pantalon et veste à carreaux étriqués, chaussettes blanches douteuses. Du jamais vu ! Sa toute petite tête est traversée par de "fines moustaches pareilles à des plumes de poule". Il arbore un lorgnon cassé et fait entendre une voix de chèvre lorsqu'il ouvre la bouche. Nommé aussi "L'Interprète", Koroviev se dit par ailleurs maitre de chapelle "spécialiste renommé dans l'organisation de cercles de chant choral". Tout un programme ! En l'occurrence, il est surtout orfèvre dans l'art de faire tourner son monde en bourrique.
   
Béhémot est, quant à lui, un chat. Un chat noir "d'une taille absolument énorme", un chat tout de même capable de tenir "d'une patte un verre de vodka et de l'autre une fourchette sur laquelle il [vient] d'embrocher un champignon mariné" !... Ce gros matou déluré ne cesse de faire la sarabande. Désigné également sous le nom de Hans, il exécute des tours pendables, détient la faculté d'envoyer des télégrammes, met des cravates et se poudre les moustaches lorsqu'il va au bal, est insensible aux balles de revolver. Perfide, dangereux et violent, Béhémot est aussi un farceur de première force. Usant et abusant de son bagout, il remplit le rôle d'un bouffon des plus insolents qui irrite le roi des Enfers plus qu'il ne l'égaye.
    Azazello est sans doute le moins avenant (tout est relatif...) des membres de la troupe de Satan. Azazello fait froid dans dos. C'est un démon roux "au poil rouge feu", petit, trapu, athlétique, "légèrement boiteux", portant chapeau melon. Le plus inquiétant est certainement cette tache disgracieuse qu'il a sur l'œil, cette sorte de croc qui dépasse de sa bouche et parfois ce couteau "glissé dans un ceinturon de cuir".
    La quatrième collaboratrice du Diable s'appelle Hella, jolie sorcière rousse dont une des caractéristiques est de vaquer en tous lieux entièrement nue. L'énigmatique "balafre de couleur pourpre" qui sillonne son cou ainsi que ses "yeux brûlants et phosphorescents" n'incitent guère à engager le moindre rapprochement amical avec elle.

                                                                                                                                                                                                        D. R.